Les fondements de l’apprentissage

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Image par Riad Tchakou de Pixabay

Comprendre son cerveau pour mieux apprendre

Avant de chercher comment mieux apprendre, il est utile de comprendre ce qui se passe lorsqu’on apprend.

Les recherches en sciences de l’éducation, en psychologie cognitive et en neurosciences montrent que l’apprentissage n’est pas un don réservé à quelques-uns. Il repose sur des mécanismes que l’on peut comprendre et développer.

Comprendre ces mécanismes permet de mieux accompagner les enfants, d’adopter des méthodes plus efficaces et de retrouver confiance dans ses capacités.

Dans cette page, je vous présente les grands principes qui guident ma façon d’accompagner les élèves.

Qu’est-ce qu’apprendre ?

Nous n’apprenons pas tous de la même manière. On n’aborde pas un oral, une dissertation, un problème de mathématiques ou un projet avec les mêmes stratégies. Chacun développe progressivement ses propres habitudes de travail, d’organisation et de mémorisation.

Les chercheurs parlent de métacognition pour désigner la capacité à réfléchir à sa propre manière d’apprendre. Apprendre à apprendre, ce n’est pas accumuler le plus de connaissances possible. C’est comprendre comment on apprend, afin de devenir plus efficace, plus autonome et de se faciliter la vie.

Cela demande de prendre du recul sur ses habitudes de travail : ce qui fonctionne pour soi, ce qui peut être amélioré et les méthodes qui permettent d’apprendre plus sereinement.

Trouver sa propre méthode

Apprendre à apprendre commence souvent par une meilleure organisation :

  • organiser ses cours de manière claire ;
  • gérer son temps de travail ;
  • aménager un espace propice à la concentration, et se couper de sources de distraction ;
  • adopter des méthodes pour recueillir, comprendre et retenir les informations.

Ces habitudes permettent non seulement de gagner en efficacité, mais aussi de rendre les apprentissages plus agréables.

Mieux se connaître pour mieux apprendre

On apprend véritablement à apprendre lorsque l’on prend conscience :

  • de ce que signifie « apprendre » pour soi ;
  • de la façon dont on mémorise et comprend le mieux ;
  • de l’utilité de ce que l’on apprend ;
  • du rôle des cours, des enseignants, des exercices et des expériences dans sa progression.

Il n’existe pas une seule bonne façon d’apprendre

Chaque personne mobilise différentes stratégies selon la situation : utiliser des schémas, reformuler à voix haute, manipuler, faire des liens avec ce que nous connaissons déjà ou encore imaginer des situations concrètes.

L’objectif n’est donc pas de trouver la bonne méthode, mais d’apprendre à utiliser plusieurs stratégies en fonction de ce que l’on souhaite apprendre.

Apprendre, c’est aussi apprendre de ses erreurs

Pour progresser, il est essentiel de prendre conscience de ses réussites : qu’est-ce qui a fonctionné, et pourquoi ? Mais il est tout aussi important d’analyser ses difficultés : qu’est-ce qui m’a empêché de réussir, et que puis-je essayer différemment la prochaine fois ?

« Penser c’est aller d’erreur en erreur. »

Alain

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Quelques idées reçues sur la mémoire

❌ Mémoriser, c’est apprendre par cœur

Pas uniquement.

Apprendre par cœur peut être utile pour certaines informations (une formule, une date, une définition…), mais comprendre ce que l’on apprend facilite énormément la mémorisation.

Lorsque notre cerveau fait des liens entre plusieurs connaissances, il retient beaucoup mieux.

De même un cours structuré, des fiches claires ou une carte mentale permettent au cerveau de retrouver plus facilement une information.

❌ J’ai une mauvaise mémoire

Notre mémoire n’est pas une capacité fixe.

Elle évolue tout au long de la vie et peut être entraînée.

Les stratégies que nous utilisons ont souvent plus d’impact que nos capacités de départ.

De même ce n’est pas parce qu’une leçon est sue par cœur à un instant T qu’elle le restera. Il est important de réactiver régulièrement son cerveau si c’est une information qu’on souhaite retenir.

❌ Dormir, c’est perdre du temps

Au contraire.

Pendant le sommeil, le cerveau consolide les informations apprises dans la journée.

C’est pourquoi une bonne nuit de sommeil est souvent plus efficace qu’une longue soirée de révisions.

❌ Relire plusieurs fois suffit

Relire donne souvent l’impression de connaître sa leçon… mais cette impression est parfois trompeuse.

Pour vérifier que l’on sait réellement, il est plus efficace de : se poser des questions, réciter sans regarder, faire des exercices, expliquer la notion avec ses propres mots.

Le cerveau retient mieux lorsqu’il doit retrouver une information que lorsqu’il la relit passivement.

==> Pour en savoir plus sur la mémoire

« L’expérience c’est le nom que chacun donne à ses erreurs. »

Oscar Wilde

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Les 4 piliers de l’apprentissage

Théorie popularisée par le neuroscientifique français Stanislas Dehaene. Ils décrivent les mécanismes qui favorisent l’apprentissage, sans être une recette miracle. Ils s’appuient sur de nombreuses recherches en psychologie cognitive et en neurosciences.

A savoir :

  • l’attention
  • l’engagement actif
  • le retour sur les erreurs
  • la consolidation

L’attention

Avant d’apprendre, il faut d’abord porter son attention sur ce que l’on souhaite retenir.

Notre cerveau reçoit une immense quantité d’informations chaque seconde. Il est incapable de tout traiter. L’attention agit donc comme un filtre : elle sélectionne les informations importantes et laisse les autres de côté.

Sans attention, il n’y a pratiquement pas d’apprentissage.

Ce qui favorise l’attention

  • un environnement calme ;
  • un objectif clair ;
  • une activité qui a du sens ;
  • des explications adaptées au niveau de l’élève.

Ce qui la perturbe

  • les notifications ;
  • plusieurs tâches en même temps ;
  • la fatigue ;
  • un stress important.

💡 En séance

Nous définissons l’objectif de la séance avec l’élève afin qu’il sache où il va et pourquoi il travaille cette notion.

L’engagement actif : apprendre en faisant

Le cerveau apprend beaucoup mieux lorsqu’il est actif que lorsqu’il reste passif. Lire une leçon ou regarder une correction ne suffit généralement pas.

Pour apprendre, il faut chercher, essayer, expliquer, manipuler, faire des liens et résoudre des problèmes.

Plus l’élève participe, plus il construit durablement ses connaissances.

💡 En séance

Je privilégie les questions, les échanges et les exercices plutôt qu’un cours magistral. Je travaille régulièrement à l’oral. Mon rôle est de guider l’élève pour qu’il trouve progressivement les réponses par lui-même.

Le retour sur les erreurs (feedback)

Pour progresser, un élève a besoin de savoir ce qu’il maîtrise déjà, ce qui lui pose encore difficulté et comment continuer à avancer.

L’erreur fait partie intégrante de l’apprentissage. Lorsqu’elle est identifiée, comprise et expliquée, le cerveau peut ajuster son raisonnement et construire des connaissances plus solides.

Le feedback consiste à apporter un retour clair, précis et bienveillant sur le travail réalisé. Il permet à l’élève de comprendre ses réussites, de corriger ses erreurs et de mesurer ses progrès.

💡 En séance

Je suis l’évolution des élèves à chaque chapitre, et prends des notes sur ses avancées. Cela me permet de l’encourager sur ses progrès et de le garder motivé sur ses réussites.

La consolidation

Apprendre ne s’arrête pas à la fin d’un cours.

Le cerveau a besoin de temps pour stabiliser les nouvelles connaissances.

Cette consolidation se produit notamment :

  • pendant le sommeil ;
  • grâce aux révisions espacées ;
  • en réutilisant régulièrement les connaissances ;
  • en variant les situations où elles sont mobilisées.

C’est pourquoi il est souvent plus efficace de réviser 15 minutes plusieurs fois dans la semaine que deux heures la veille d’un contrôle.

💡 En séance

Je réactive régulièrement les notions déjà étudiées afin de renforcer leur mémorisation sur le long terme, en m’appuyant sur des outils éprouvés comme les flashcards et la répétition espacée.

Emotions et apprentissages

Apprendre ne dépend pas uniquement des connaissances ou des méthodes utilisées. Le cerveau apprend aussi en fonction de l’état dans lequel il se trouve. Les émotions ont donc une place importante dans les apprentissages.

Un élève qui se sent en confiance, encouragé et compris sera plus facilement disponible pour réfléchir, essayer et progresser. À l’inverse, la peur de se tromper, le stress ou le sentiment de ne pas être à la hauteur peuvent prendre beaucoup de place et empêcher l’élève de mobiliser pleinement ses capacités.

C’est pour cela que la relation entre l’élève et la personne qui l’accompagne est essentielle. La bienveillance ne signifie pas être moins exigeant. Au contraire, c’est créer un cadre dans lequel l’élève peut apprendre, faire des erreurs, recommencer et chercher des solutions sans avoir peur du jugement.

L’erreur fait partie intégrante de l’apprentissage. Elle permet de comprendre ce qui n’est pas encore acquis et de trouver de nouvelles stratégies pour progresser. Un élève qui ose se tromper est un élève qui ose apprendre.

Accompagner un élève, ce n’est donc pas seulement lui transmettre des connaissances. C’est aussi lui permettre de croire en ses capacités, de comprendre ses progrès et de devenir progressivement acteur de ses apprentissages.

En résumé

Les recherches montrent que l’apprentissage ne dépend pas uniquement des capacités d’un élève.

Être attentif, participer activement, comprendre ses erreurs et consolider ses connaissances sont autant de leviers qui permettent de progresser.

Ces principes constituent la base de mon accompagnement. Ils guident chacune de mes séances afin d’aider les élèves à comprendre, gagner en confiance et devenir progressivement autonomes dans leurs apprentissages.